J'ai perdu le goût de chanter

Retrouver le goût de chanter et apprendre à aimer sa voix

Depuis quelques temps, je rencontre de plus en plus lors de mes cours, des personnes qui ont perdu l’envie de chanter ou qui n’arrive pas à aimer leur propre voix.

Plusieurs raisons amènent à cette « triste » conséquence :

  • deuil(s)
  • manque de confiance
  • rabaissement ou critiques négatives de la part de professionnels (ou de leurs proches) avec qui ils ont travaillé
  • ou au contraire trop de pression « positive » de la part de professionnels face à un avenir professionnel potentiel dans le monde vocal (pour des personnes ayant par exemple de superbes capacités mises en avant par leur professeur), dans le sens : « Tu as une voix magnifique, il faut absolument que tu fasses ce métier et que tu t’en donnes les moyens » et être insistant auprès de leurs élèves sur ce sujet
  • être très exigeant avec soi-même et ne pas tolérer les imperfections qu’il peut y avoir lors de la phase d’apprentissage
  • ne pas réussir à aimer sa voix peut aussi faire perdre l’envie de chanter
  • les « critères de beauté » pour qu’une voix soit « belle » aux yeux / oreilles de certains professeurs, alors qu’il s’agit de quelque chose de totalement subjectif – ce qui sous-entend d’un autre côté que tous les autres sons produits par leurs élèves sont laids. Ceci peut avoir comme conséquence le dégoût que peut éprouver une personne face à sa propre voix. De plus, si l’élève n’arrive pas à faire ces « beaux sons » que le professeur essaye de lui apprendre, l’élève chanteur peut avoir l’impression « d’être nul », et se dire que ce qu’il fait est donc « moche ». Cette façon d’enseigner est donc très limitée, et ne peut pas, à mon sens, permettre une évolution correcte de l’élève.
  • travailler avec un prof qui met « tout dans le même sac » : options esthétiques d’un style de musique + la phonation saine sans expliquer et transmettre les différences, et comment tout cela interagit ensemble. Si on ne donne pas à l’élève les moyens de différencier dans sa propre voix style et technique, il y a de fortes chances qu’il se retrouve « perdu » ou « bloqué » dans un style vocal. L’élève n’a pas reçu les indications et solutions pour pouvoir modifier le son de sa voix. Ainsi parfois certains chanteurs prennent des cours des années de chant lyrique, et on leur enseigne l’esthétique mélangée au développement de certains outils fondamentaux. Si la personne veut changer de style, et chanter du rock, elle se retrouve « bloquée » ne sachant pas quoi faire, et démunie avec, par exemple, des aigus « trop classique », un timbre de voix sombre, un registre de poitrine « sous-développé » qui peut créer un déséquilibre vocal. Je cite le lyrique, mais attention j’adore le lyrique, je prends cet exemple puisqu’en Europe l’enseignement de la musique classique existe depuis beaucoup plus longtemps que pour les autres styles musicaux. De plus, les nouvelles approches d’enseignement du chant appuyées sur l’étude de la physiologie et de l’acoustique de la voix, sont encore peu répandues. Et, les croyances d’un « enseignement supérieur » par le chant lyrique sont encore ancrées dans les mentalités. (Bien sûr il existe d’excellents profs aussi dans ce domaine, il est juste important d’avoir un discours et des exercices clairs auprès des élèves, qui leur permettront plus tard de ne pas être désespérés ou découragés parce que leur voix sont bloquées dans une certaine esthétique).

J’essaye d’apporter des solutions, d’écouter d’une façon la plus juste possible le parcours de chacun et d’adapter ma pédagogie au mieux, lorsque l’on me fait part de ces sujets délicats.

Je suis très touchée que l’on me fasse confiance pour reprendre un chemin vocal plus « léger », agréable et heureux.

Je suis triste de savoir que certaines personnes ne puissent plus chanter pour les raisons évoquées ci-dessus. Et j’espère que la situation s’améliorera rapidement, au moins du point de vue des pédagogues car nous avons tous la possibilité d’évoluer et de consacrer du temps à améliorer notre manière d’enseigner.

Si vous êtes dans le cas évoqué dans cet article, voici quelques éléments de réflexion que je vous propose.

Je sais bien que cela ne résoudra pas de façon magique vos problèmes, mais peut-être que cela vous permettra de voir les choses sous un autre angle.

Quelques pistes à explorer si vous avez perdu le goût de chanter et que vous n’aimez pas votre voix, et que vous souhaitez avancer :

  • Allez-y doucement et prenez le temps de découvrir et de trouver votre rythme : c’est important de se laisser le temps de découvrir ou redécouvrir votre voix. Vous aurez peut-être envie d’aller vite, de sauter des étapes, vous serez peut-être découragé rapidement donc prenez le temps. Prendre le temps, ça veut dire que si vous ne chantez plus depuis longtemps, peut-être que vous allez démarrer tout doucement en chantant très peu : 1 fois par semaine, 1 fois par mois, 1 fois tous les 2 mois… Peu importe, si vous aviez totalement arrêter de chanter, prenez le temps dont vous avez besoin.

Un peu comme les fumeurs qui veulent arrêter de fumer, et qui font plusieurs tentatives et rechutes avant d’arriver complètement à arrêter de fumer.

Là c’est dans le sens inverse, vous allez peut-être faire plusieurs tentatives pour reprendre le chant, et vous allez vous arrêter de nouveau, puis retenter… Jusqu’à trouver votre rythme.

  • Procédez de façon simple, légère et ludique : un petit exercice que vous aurez appris que vous ferez en cherchant juste à découvrir ou redécouvrir des sensations ou des sons. Apprendre une phrase d’une chanson. Changez de chanson si besoin.

Je peux comparer cela à la composition. Personnellement, quand je compose je me retrouve parfois bloquée parce que je ne trouve pas l’accord suivant, parce que les mots qui me viennent ne sont pas exactement ceux que je souhaite. Et bien lorsque cela m’arrive, j’écris quand même ce qui me vient, même si je trouve ça « incorrect » ou « pas terrible ». Cela me permet de ne pas rester bloquée, et m’évite de poser le stylo, et de tout arrêter.

Ainsi, si vous pratiquez un exercice, mais que ça ne vous plait pas, et bien ne cherchez pas à bien faire, passez à un autre exercice ou continuez celui que vous aviez commencé sans chercher à « tout comprendre ».

Vous n’avez pas besoin de chercher la perfection, mais juste de faire un petit peu. Plus vous allez procéder ainsi, en y allant avec simplicité et légèreté, plus vous allez passer du temps à réactiver le goût de chanter.

  • Déplacez votre attention sur une zone différente de celle qui vous embête : par exemple si vous n’appréciez pas le son que vous produisez, au lieu de vous concentrer sur ce que vous entendez, concentrez vous sur ce que vous ressentez dans une partie de votre corps, par exemple les lèvres.

Et demandez-vous ce que vous ressentez dans les lèvres ? : détente, tension, douceur, serrage…

Vous pouvez aussi déplacer votre attention sur une autre zone et vous demander si c’est agréable/désagréable, tendu/détendu… Mais juste en observateur, sans jugement (un peu comme en sophrologie).

  • Mettez de côté le plus de temps possible les jugements de valeur : c’est beau ou c’est moche, laissez ça de côté pour vous laisser la possibilité d’apprendre ou réapprendre à aimer votre voix.

Comment fait-on pour laisser ces jugements subjectifs de côté ? : on peut essayer de faire taire cette petite voix en nous mais ce n’est franchement pas évident parfois. Alors, un petit truc que j’ai appris en sophrologie c’est de « laisser les idées passer comme des nuages », afin de revenir à ce que vous faites.

Je pense que laisser passer comme des nuages, est peut-être plus facile que de faire taire nos jugements négatifs.

Ou bien, l’autre solution c’est simplement de dire quelque chose de précis sur ce qui se passe « en vous ». Donc plutôt que de dire, « c’est pas beau, ma voix ne me plait pas », remplacez par une chose précise que vous faites :

  1. Un ressenti corporel
  2. Une image sur ce que vous faites pour vous aider à avancer

Par exemple : « Je n’aime pas le son que je produis sur cette phrase » : je vais décaler mon attention sur une zone de mon corps et décrire ce que je ressens. Donc je vais peut-être me dire : « je ressens une contraction importante dans le ventre. » Et à partir de là je peux essayer d’agir, chercher une contraction plus douce dans le ventre par exemple.

  • Accélérer : si vous pratiquez un exercice lentement, cela vous laisse le temps de tout analyser, et de vous dire tous les reproches du monde. Une petite solution c’est d’accélérer l’exercice, le faire plus vite et s’obliger à le faire plus vite dans un tempo plus rapide. Cela ne vous laissera pas le temps d’analyser, et aide souvent à lever des blocages qu’on se crée soi-même.

J’espère que ces quelques éléments de réflexion vous auront intéressé.

Si vous avez des questions ou remarques, je serai ravie de vous lire dans les commentaires.

Si vous avez des choses qui vous ont aidé à avancer, n’hésitez pas aussi à les partager dans les commentaires, cela pourra peut-être aider quelqu’un qui vit cette situation.

Vocalement, Marie

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